Ces bleues ont de la réserve


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Copyright: Daniel Rung
Coupe du monde
Publiée le 28/08/11

Tania et Arum ont 21 ans, elles jouent à Paris 2011Homeless World Cup. Toutes les deux vivent à Paris, la première chez ses parents, la seconde dans un foyer du Secours Catholique. La première est d’origine portugaise, la seconde du Pakistan. Ensemble, elles défendent ardemment les couleurs de la France. Elles en sont très fières. « C’est à la fois un plaisir et un honneur de porter le maillot des Bleus et de le respecter ».

Le faire respecter aussi. Les Françaises prennent très au sérieux la compétition. Leurs coachs veillent à les accompagner sur le plan sportif,  comme sur leur comportement. Ce qu’elles apprécient. « Nous nous sentons soutenues par notre public aussi, leurs encouragements nous poussent et c’est vital pour le moral des troupes ». Les Françaises estiment être de celles qui s’entraînent le plus sérieusement pour chaque match. Elles ont pu l’observer lorsque, réservistes, elles sont allées porter les couleurs du Canada, en manque d’effectifs. C’est aussi ça, l’esprit de compétition solidaire. « Nous, avec l’équipe de France, on s’entraîne avant les matchs. Les Canadiennes font une danse » nous explique Arum.

Saïd, leur entraîneur, les a préparées physiquement et techniquement pendant deux mois. Pour Tania, cela a été éprouvant : elle suivait une formation professionnelle en parallèle de l’entraînement. Arum a sué, elle aussi. Elle n’avait jamais joué au football auparavant. Toutes deux, quoi qu’il arrive, en sont sûres : elles continueront après la Coupe.

Tania a son cœur qui penche entre la France et le Portugal. Ses amies la surnomment Ronaldhino. Depuis le début de la compétition, elle porte les couleurs du Canada. « J’ai une belle collection de maillots : deux pour l’équipe de France et deux pour le Canada, un rouge et un blanc. L’intégration des joueuses dans l’équipe du Canada a rapproché les deux équipes. Canada et France se supportent mutuellement pendant leurs matchs respectifs. « J’espère qu’il n’y aura pas un match Canada-France, ça serait trop bizarre.»

 

La Homeless World Cup, pour elles, c’est quand même avant tout du plaisir et l’occasion de faire des rencontres, de se lier d’amitié. Elles apprécient la bonne ambiance, sportive et conviviale. Elles ne s’attendaient pas du tout à un événement de cette ampleur, elles sont impressionnées et leurs supporteurs peuvent être certains qu’elles donnent le meilleur d’elles-mêmes. Qu’ils leur restent fidèles et soient persuadés que leur intérêt, leurs encouragements auront transformé les deux jeunes femmes. Une question de respect, de confiance en soi, d’estime de soi.

 

Elles aussi supportent une équipe. Les Bleus, au masculin. Un lien s’est vraiment créé entre les deux équipes françaises, au-delà du soutien mutuel.

« Cet événement est une chance pour nous d’aller de l’avant et surtout de ne pas se décourager pour l’avenir. » Gageons que les Bleues demeurent longtemps aussi courageuses qu’elles le sont dans la compétition.

 

Mathieu Sicard